Sophrologie et Phénoménologie. Maurice Merleau-Ponty (1908-1961)

Dans La Structure du comportement et la Phénoménologie de la perception (1944), Merleau-Ponty, à la lumière des travaux d’Husserl, amorce un tournant significatif dans le développement de la phénoménologie. Selon lui, la corrélation noético-noématique, c’est-à-dire la corrélation entre « actes de pensée » (noèse) et « objets intentionnels de la pensée » (noème) ne semble pas constituer un socle irréductible pour l’analyse de la conscience.

La perception

En plaçant la question de la perception au centre de ses travaux, le « toute conscience a conscience de quelque chose » d’Husserl deviendra pour merleau-Ponty « toute conscience est conscience perceptive ». Ainsi le primat de la perception signifie un primat de l’expérience, dans la mesure où la perception revêt une dimension active et constitutive. Le corps est le lieu de la condition permanente de l’expérience en ce qu’il est constituant de l’ouverture perceptive au monde et à son investissement.

La Corporalité

Par le terme corporalité, Merleau-Ponty reconnaît autant une corporalité de la conscience qu’une intentionnalité corporelle. Le corps est une forme indivise ou Gestalt. Il réunit et englobe des parties très hétérogènes :

– se compose avec lui-même et construit sans cesse un nouveau montage d’analogies inter-sensorielles, intra-sensorielles, sensori-motrices et spatio-temporelles, 

– s’adapte aux diverses situations de la vie perceptive pour répondre aux sollicitations du monde et aux besoins d’unification de la chose, aux demandes émanant d’une constellation des données.¹

L’inspection du monde

En tant qu’ensemble d’organes systématiquement cohérent dans l’unité ou totalité des sens, le corps est — selon une expression qu’emploie Merleau-Ponty dans la Prose du monde — « un système de systèmes voué à l’inspection d’un monde ».² Par une approche du corps phénoménale (analytique du corps percevant), Merleau-Ponty semble avoir eu le projet d’en révéler les structures élémentaires du corps vécu comme la spatialité ou la temporalité.

Dimension corporelle ou corporalité : le corps est un à-priori (expérience et connaissance) c’est-à-dire comme « ce par quoi » il y a présence du monde à notre action et comme « ce par rapport à quoi » le monde est accessible à l’inspection de l’homme ou à notre connaissance.

¹ L’a priori du corps chez Merleau-Ponty, Lucia Angelino, Revue internationale de philosophie 2008/2 (n° 244), p. 167 à 187

² La prose du monde, Maurice MERLEAU-PONTY, Paris, Gallimard, 1969, p. 110-111,

Allez plus loin :

Patrick-André Chéné (2019), Sophrologie – Fondements et méthodologie Tome 1, ELLEBORE.

Maurice Merleau-Ponty (1976), Phénoménologie de la perception, Collection Tel (n° 4), Gallimard
 

Nathalie Depraz (2011), Comprendre la phénoménologie, une pratique concrète, Cursus, Armand collin.

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