Sophrologie et Conscience corporelle, s’ouvrir au monde du sensible

Le corps et son monde sensible est le point de départ du travail en sophrologie. Cette progression méthodologique a été définie par le créateur de la Sophrologie A. Caycédo mais elle est finalement une acception logique du fait que le corps est le lieu des phénomènes du vivant. C’est bien par le corps et ses organes des sens que nous sommes en mesure de ressentir le monde. Rétablir ce principe fondamental semble presque tomber sous le sens. Cependant, force est de constater que beaucoup d’entre nous vivent presque exclusivement dans un monde de pensées reléguant le vécu du corps au second plan. Nous sommes pourtant des êtres sensibles et l’intelligence de ce corps sensible est au service de la vie depuis la nuit des temps. S’ouvrir à ce monde prends alors tout son sens et offre des perspectives jusqu’alors inexplorées. Quels en sont les enjeux et les bénéfices ?

L’intelligence corporelle

Les organes des sens sont le fruit d’une longue évolution de la biologie. Ils offrent à notre organisme la capacité de sentir le monde sans l’aide de la pensée et participent à son maintien dans un environnement donné. En percevant le monde, notre organisme s’adapte à celui-ci. Par ailleurs, des milliers de micro- événements biologiques ajustent, stabilisent et cherchent à maintenir l’équilibre dans notre corps. Walter Bradford CANNON (1871-1945) est l’un des premier à identifier ces réactions biologiques par le terme « homéostasie », à partir des deux mots grecs stasis (état, position) et homolos (égal, semblable à) en 1932 dans son ouvrage The Wisdom of the Body. L’homéostasie définit ainsi les mécanismes physiologiques autorégulateurs qui permettent à l’organisme de maintenir son intégrité fonctionnelle dans un environnement. Nos sens et notre système biologique adaptatif interagissent en permanence et témoignent d’une forme d’intelligence première, c’est-à-dire préréflexive ou autrement dit, avant la pensée. Tout l’enjeu serait de tenir compte de cette intelligence biologique ou corporelle par extension car, dans de nombreuses situations, elle est d’un grand secours.

Les intuitions sensibles

Il est étonnant de repérer dans notre vocabulaire courant à quel point nous faisons appel au sentir sans pour autant l’écouter : « Je ne sens pas cette situation ou cette personne ». L’explication est simple, le plus souvent c’est notre mental qui domine au profit des intuitions sensibles pour les choses. Il convient ici de préciser qu’il ne s’agit pas de choisir entre le mental et le monde des sensations mais plutôt de trouver un équilibre entre les deux ou plutôt de s’ouvrir à tous les indices que notre nature met à notre disposition. Henri Corbin, philosophe, traducteur et orientaliste français avait proposé une grille de lecture particulièrement adaptée à l’étude des formes de l’être et du connaître. Selon lui, l’être humain a accès à trois formes de monde : une forme intelligible, une forme imaginable et une forme sensible.

L’ouverture au monde sensible

La sophrologie propose de s’intéresser au monde sensible et d’ouvrir le champ de la conscience à celui-ci. La méthodologie est somme toute assez simple, en mobilisant le corps dans un état de relaxation proche de celui du sommeil, des phénomènes vont apparaître dans le champ de la conscience. Ces phénomènes sont le témoin d’un effort de concentration et d’attention dirigé vers les sensations corporelles comme sa température, ses mouvements, ou encore sa forme et dont la conscience se saisit et restitue au sujet. On comprend assez facilement qu’une meilleure conscience de son corps aura pour vertu de rétablir une forme d’harmonie entre les indices qui viennent du monde sensible et ceux du mental. L’intelligence du sensible se conjuguera à celle du mental et participera à sa régulation, offrant une meilleure disposition au sujet pour s’adapter aux événements de la vie.

Un changement de paradigme

Cette approche, propre à la Sophrologie, a le mérite de proposer un changement de paradigme. Face à l’épreuve de la maladie ou d’une situation de vie difficile, nous ne sommes pas démunis. Nous possédons des ressources, propre aux lois du vivant qui peuvent à tout moment nous soutenir, nous orienter et nous aider à retrouver l’équilibre. Explorer ses ressources semble être d’une aide précieuse et offre à ceux qui les découvrent de nouvelles perspectives.

Mehdi AMINI

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